Omar Victor Diop, Omar Victor Diop

JTF (faits uniquement) : Coédité par 5 Continents Editions en 2022 (ici) et Galerie Magnin-A. Relié (23,5 x 31 cm), 86 pages, 45 illustrations en couleurs. Comprend des articles de Renée Mussai, Imani Perry et Marvin Adoul (en français et en anglais). Conçu par Agnès Dahan Studio. à 2000 exemplaires. (Couvrez et diffusez les images ci-dessous.)

Omar Victor Diop également disponible en édition spéciale (ici). Cette édition comprend le livre dans un coffret avec impression jet d’encre originale sur papier Canson Infinity Arches 88 (29,7 x 21 cm), signée et numérotée par l’artiste. 100 exemplaires signés et numérotés et à la répétition de 10 artistes.

Commentaires/Contexte : Première monographie de l’artiste sénégalais Omar Victor Diop Omar Victor Diopexamine trois grandes séries télévisées qui lui ont valu une attention internationale. Sa pratique prolonge la tradition africaine de la photographie de studio et l’héritage des portraitistes africains Seydou Keïta, Malick Sidibé et Mama Casset. Diop met méticuleusement en scène ses installations dans ses images et apparaît souvent comme son principal protagoniste visuel. Ses autoportraits dramatiques revisitent des moments historiques et célèbrent l’histoire de la résistance noire. Diop dit de son choix de portrait : « Pour moi, un autoportrait est une façon de s’impliquer dans une cause, de soutenir et de défendre une idée. Un autoportrait me donne aussi plus de flexibilité. Cela me permet de créer de multiples copies de moi-même. Je me sens à l’aise dans cet exercice que j’apprécie beaucoup.

Omar Victor Diop C’est un livre à couverture rigide avec un design élégant et simple. La photo de couverture montre l’artiste debout, regardant directement l’appareil photo et tenant un oiseau bleu exotique, avec une illustration fleurie encadrant l’image ci-dessous. Les bords de la page sont en bleu bonbon, ce qui est un bel élément de design. À l’intérieur, les photos couleur varient légèrement en taille et en emplacement, mais elles ont toujours la même bordure blanche autour d’elles, créant une impression de flux visuel cohérent. Le livre est divisé en trois sections, contenant chacune une série et disposées en chronologie inversée : « Allegoria » (2021), « Liberty » (2017) et « Diaspora » (2014).

Diop dit qu’il voit ses différents projets comme des éléments d’une histoire qui font référence au passé, au présent et au futur. Le livre s’ouvre sur la série “Allegoria”, qui aborde de manière créative la crise environnementale actuelle et son impact sur le continent africain en particulier. Dans ses images méticuleusement composées, Diop utilise des extraits d’anciennes encyclopédies de la flore et de la faune transnationales comme matières premières. Dans la photographie intitulée “Allegoria 2, 2021”, l’artiste vêtu de noir, les yeux fermés, tenant une tortue à la main, se tient avec un petit oiseau sur son épaule, et au bas de l’image se trouve une épaisse plante des marais, un chien se cachant dans ses feuilles, et un oiseau s’éloignant du cadre. Des compositions comme celle-ci capturent à la fois un sentiment d’inconfort environnemental et un espoir méditatif de guérison.

La série “Liberty” de Diop se concentre sur les événements liés aux manifestations noires dans le temps et l’espace à travers le prisme de l’allégorie. À travers ces images, Diop retrace les mouvements de résistance noire d’Afrique et de sa diaspora et les relie à un sens plus large de l’histoire et de l’identité. Ses photographies représentent les marches de l’Alabama sur Washington, des mouvements de résistance moins connus contre l’oppression coloniale dans le sud-est du Nigeria en 1929 et des manifestations étudiantes en Afrique du Sud en 1976. « La façon dont l’histoire a été racontée au cours des dernières décennies, la contribution de l’Afrique et les enfants ont été réduits à presque rien. C’est ce que j’essaie de réparer.”

Dans son hommage saisissant à Trayvon Martin, un adolescent dont la mort a déclenché le mouvement Black Lives Matter, Diop se représente allongé sur un lit Skittles (Trayvon portait un paquet de Skittles lorsque George Zimmerman lui a tiré dessus), portant un sweat à capuche. L’image de droite reflète la position de Martin dans une photo intitulée “Aline Sitoé Diatta, 1944, 2017” et évoque une figure de la résistance anticoloniale sénégalaise et un leader communautaire. Prises ensemble, ces images créent un récit puissant sur la politique mondiale de la résistance noire.

Le dernier chapitre du livre est consacré à la série « Diaspora ». Diop revient à l’histoire en se concentrant sur les notables africains et afro-américains et leur impact sur l’histoire européenne. La série se compose de dix-huit autoportraits (basés sur des peintures historiques) dans lesquels Diop incarne ces figures extraordinaires. Il les recontextualise également en ajoutant des détails footballistiques contemporains : ballon, carton rouge, gants de gardien, sifflet ou chaussures. Dans un tableau, il agit en tant que prince congolais Dom Nicolau, peut-être le plus ancien monarque africain qui a écrit publiquement pour s’opposer aux influences coloniales. Il y a aussi des portraits d’affranchis, dont Olaudah Equiano, qui a soutenu le mouvement abolitionniste britannique au XVIIIe siècle. « Diaspora » parle de la grandeur de l’Afrique, mêlant splendeur historique et pertinence moderne.

En tant que livre photo, l’enquête éponyme de Diop est une publication sans prétention et élégante qui attire l’attention du spectateur sur son contenu époustouflant et combine ses différents projets en boucle complète. Le livre photo apporte également une contribution importante à la conversation sur la présentation de la diaspora africaine. Alors que Diop réécrit l’histoire, il nous encourage également à réfléchir à la justice environnementale et à la survie coopérative. Omar Victor Diop offre un excellent aperçu du travail de l’artiste et des thèmes nuancés de l’histoire, de l’identité et de la représentation.

Point de vue du collectionneur : Omar Victor Diop est représenté par la Galerie Magnin-A à Paris (ici). Son travail n’a pas encore fait son chemin sur les marchés secondaires, de sorte que la vente au détail en galerie reste probablement la meilleure option pour les collectionneurs intéressés à le poursuivre.

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